Le numérique dans le projet d’objectif 100%

Les piliers du projet éducatif de l’association Objectif 100% sont l’individualisation du parcours et le co-apprentissage.

L’individualisation car aucun enfant n’apprend au même rythme, ni n’a les mêmes talents ; le co-apprentissage car, si on peut apprendre seul grace à des outils appropriés, la connaissance ne se construit et ne s’enracine que par l’échange avec autrui, que ce soit pour confronter une hypothèse ou pour s’assurer de sa juste compréhension.

« Une instruction que l’on reçoit sans la transmettre forme des esprits sans dynamisme, sans autocritique. » Gaston Bachelard

 

Ce fonctionnement, naturel à l’humain, est surdéveloppé par l’irruption des usages et des outils numériques.

 

  • Cette irruption bouleverse le rapport à la connaissance.

 

Depuis la nuit des temps, le savoir était dans la tête du maître, puis dans les livres que lui seul savait lire, puis dans des ouvrages plus ou moins accessibles. Depuis 20 ans, l’ensemble du savoir est accessible à qui sait où le trouver. Nous avons, presque tous, dans notre poche un terminal nous reliant à ce savoir. Nous promenons notre encyclopédie avec nous dans toutes les situations de la vie courante. Pourquoi l’éducation devrait-elle être la seule de nos activités qui échappe à ce progrès ?

L’ère du maitre omniscient face à l’élève vide de savoir est revolue. L’éducateur doit à présent être un guide qui organise la rencontre avec la ressources pédagogique, quelle qu’en soit la forme.

 

  • Cette irruption bouleverse le rapport aux apprentissages

 

Comme le dit Salman Khan, le créateur de la Khan Academy, l’ordinateur ne se lasse pas de répéter, quelle que soit l’heure, il se laisse couper la parole, il évalue immédiatement après la tentative et ne porte aucun jugement. Il présente les connaissances à acquérir sous des formes variées correspondant aux divers profils cognitifs. Ce rapport aux apprentissages met réellement et concrétement le jeune au centre du système, sans crainte du jugement des pairs ou des adultes.

 

  • Cette irruption bouleverse la démarche expérimentale

 

En permettant de simuler, de prototyper, à moindre frais et très vite, elle permet de lever les freins à l’innovation et à l’expérimentation, autorisant l’attrition dans des projets de recherche.

Le chercheur indien de l’Université de Newcastle (GB), Sugata Mitra expérimente depus 1999 les capacté d’auto-apprentissage et de co-apprentissage des enfants confrontés à l’ordinateur. Il en a tiré deux programmes :

  • Les SOLES (Self organized learning environnements), travaux collectifs autour d’une “grande question” par des groupes d’enfants disposant d’un ordinateur relié à internet pour quatre. Les enfants doivent mener les recherches sans aide des adultes et restituer au reste de la classe le resultat de leurs travaux.
  • School in the cloud (L’école dans le nuage) qui met en contact hebdomadaire des classes avec des “Grand-mères” bénévoles par visio-conférence. L’objectif est de donner aux enfants l’occasion de formaliser leurs apprentissage auprès de quelqu’un d’exterieur à l’établissement dont le seul rôle est de les féliciter et de les encourager.

 

 

  • Cette irruption bouleverse les rapports sociaux et les hiérarchies

 

L’interconnexion induite par ces outils et pratiques renforce le pouvoir de la coopération. Il est devenu facile d’échanger avec tous et chacun. Des communautés se créent, virtuelles ou physiques au rythme des interêts et des projets.

Un enfant peut communiquer avec un expert reconnu du domaine auquel il s’interesse, par courriel, par vidéo-conférence, puis par des rencontres. Le numérique met tous ses utilisateurs sur un pied d’égalité et le sachant n’est plus forcément le plus agé.

La capacité de diffusion offerte par les applications du numérique donne une audience insoupçonnée aux travaux des jeunes, renforçant leur estime d’eux-même en donnant du sens aux efforts qu’ils consentent.

La philosophie du “Bien commun”, les licences “Creative commons”, l’essort des logiciels libres, mettent l’utilisateur au centre d’un réseau d’échange de savoirs et de ressources, le rendant à la fois contributeur et usager. Un jeune peut utiliser le projet “Open street map”, cartographie libre, pour travailler sur une problématique propre et, ce faisant, apporter son concours à l’enrichissement d’une base de donnée accessible à tous. Il n’est que de voir la profusion de tutoriels vidéos sur les chaines de partage pour en prendre conscience. Les sujets abordés vont du plus futile au plus profond.

 

Nous voulons que le projet Objectif 100% permette aux jeunes décrochés ou ne se sentant pas à leur place dans le système scolaire classique de retrouver l’envie, puis le goût d’apprendre et d’expérimenter. Pour cela nous voulons créer et animer un lieu de Co-apprentissage, inspiré de la philosophie des Fab-Labs et des réseaux réciproques d’échange de savoirs (RERS). Un lieu qui soit une base de sécurité où ils trouvent toutes les ressources relationnelles, culturelles et matèrielles pour reprendre le fil de leur projet de vie.
La culture et les outils numériques sont donc au coeur de notre démarche.